Le bégaiement, c'est... ma manière naturelle de parler
(Geneviève Lamoureux)


Le bégaiement, c'est... un mode de vie. Ce n’est pas un obstacle. C’est ce qui me laisse surmonter et dépasser les défis de la vie de chaque jour.
(Charles Chouery)


Le bégaiement, c'est... un combat de tous les jours
(Sarah Emilie Fournier)

Pour en savoir plus sur ==> Association des jeunes bègues du Québec (AJBQ) <==

Après en avoir eu honte pendant des années, j’ai choisi d’assumer mon bégaiement

Bégayer, c'est apprendre à être à l'aise de montrer sa vulnérabilité, parce que du moment qu’on ouvre la bouche, notre différence existe.

 

Propos de témoignage recueillis par le HuffPost Québec et retranscrits à la première personne.
>>> À LIRE ICI <<<

Déniché par Sarah Provin...

Bonne lecture


 

.... Ce témoignage pourra peut-être vous aider ...

 

Je m'appelle Laurenz, j'ai 45 ans et je suis Bègue.

Je n'avais quasi plus bégayé depuis l'âge de 17 ans.

Mon Bégaiement est réapparu vers 43 ans, à la suite d'un traumatisme médical, et d'un choc émotionnel.

J'ai eu très difficile de demander de l'aide autour de moi. J'ai éprouvé beaucoup de mal à sortir de mon isolement.

Prendre la parole devant d'autres personnes, exprimer ses émotions, participer à des ateliers et des groupes de paroles pour personnes bègues (et non bègues) étaient devenus une épreuve angoissante et terrifiante...

Je propose à toute personne qui le désire et présentant un bégaiement, d'être accompagnée , soutenue et aidée afin de pouvoir franchir le pas (cela se fera à ton rythme ...), et ne pas être seul(e) face à toutes les questions que tu pourrais avoir sur le bégaiement.

Cet accompagnement a pour but de rencontrer d'autres personnes bègues (et friendlybègues...) par le biais d'activités telles que :

-Ateliers théâtres et improvisation.

-Groupes de parole et de prise de parole.

-Rencontres  lors de "Be Café" et "After work".

-Assister et participer à la journée mondiale du bégaiement (JMB)

- et diverses activités... qui pourraient être organisées .

-Autres ...

Cela te permettra de rencontrer d'anciens bègues qui ont pu retrouver une  parole fluide  afin de partager vos expériences, d'échanger sur des conseils et exercices pratiques, et  de découvrir les différentes techniques utilisés de nos jours .

J'ai pu fortement diminuer mon bégaiement et reparler d'une manière fluide et ce grâce à la prise en charge logopédique mais aussi à la participation d'ateliers (de théâtre, stage d'improvisation, plan fluence...), aux groupes de  prise de parole et aux différentes rencontre réalisées de part et d'autres ... (Afterwork , Bécafé , JMB...)     

Je n'ai plus peur de m'exprimer.

Je m'appelle Laurenz , j'ai 45 ans ; si tu souhaites être parrainé(e), accompagné(e) dans tes premiers pas ...

Alors contacte moi, contacte nous via l'APB.


 

Sarah Provin nous partage une belle trouvaille sur facebook

Une magnifique BD réalisée par Mohamed Haïti, un jeune homme de 21 ans, lauréat de l’Institut National des Beaux-Arts (INBA) de Tétouan.

 

1Voici la bande dessinée que j'ai réalisée pour mon projet de fin d'études intitulée "Je...".

"Etant moi-même bègue, j'ai voulu à travers cette histoire parler de la souffrance et de la frustration que vit une personne bègue au quotidien. L’histoire raconte la vie d’un jeune bègue, angoissé par les regards des autres, il essaye de surmonter son bégaiement qui tétanise son quotidien et l’empêche de mieux s'intégrer."

Bonne lecture! 

Mohamed Haïti

 


 

(psst! Cliquez sur l'image pour plus de détails)


 

Basilique du Sacré-Coeur - Montmartre

Vous deviez me raconter votre meilleur souvenir de la période des fêtes de fin d’année. Nous ne nous étions pas vu depuis quelques semaines et j’inaugurais ainsi la nouvelle année.

Vous étiez avec des amis le 31 décembre, mais vous aviez décidé d’aller voir Montmartre et la basilique du Sacré Cœur en ce jour de Saint-Sylvestre.

Parisien depuis seulement quelques années, vous aviez envie de vivre cette fête en plein cœur de Paris, une envie de cliché, une envie de touriste. Personne n’a voulu vous suivre, mais vous y êtes allé.

Pour moi, ça n’est pas un cliché car j’ai vécu lorsque j’étais lycéenne puis étudiante, à votre âge donc, en bas de Montmartre, et je suis montée des centaines de fois jusqu’au Sacré Cœur, des instants volés, des jours de beaux temps. Je partais, légère comme une fleur avec ma copine Anaïs et nous grimpions n’importe quel escalier à partir de la mairie du dix-huitième arrondissement de Paris pour arriver tout en haut.

Alors je visualisais avec ravissement votre montée des escaliers de la butte Montmartre, qui m’évoquent ces endroits si poétiques, en passant par la rue Caulaincourt, les arbres le long des escaliers, l’insouciance avec lequel nous montions en riant. Pas mal de mes amis de lycée vivent encore à proximité, je ne suis pas très loin non plus, on a du mal à quitter vraiment Montmartre.

Et vous me parliez, de votre aventure, solitaire au début, mais pleine de rencontres au fur et à mesure de votre ascension. D’autres parisiens avaient eu la même idée que vous, pas mal d’habitants du dix-huitième.

Alors arrivé, là-haut vous avez pu partager avec plein d’inconnus ce moment de grâce, le paysage de Paris illuminé vu d’en haut, un joyeux feu d’artifice, de la bière offerte à l’issue d’une messe de la Saint-Sylvestre donnée dans la Basilique.

J’écoutais et je vous regardais. Vous aviez des étoiles dans les yeux, des gestes élégants, des mimiques joyeuses, votre grâce habituelle et jamais vous n’avez évoqué votre bégaiement. Vous avez parlé des discussions avec les inconnus, de votre joie de partager ce moment, mais vous n’avez pas dit, ce qui s’était passé d’un point de vue de la fluence de votre parole.

Le bégaiement n’était pas le sujet, et c’était tellement ce que j’espérais pour vous que j’étais très émue de vous entendre.

Vous avez conclu avec ces mots exquis, «L’année prochaine, j’emmènerai quelqu’un avec moi pour partager tout ce bonheur »

Ça m’a fait battre le cœur plus vite, comme quand on est content pour un proche, je n’arrivais même plus à parler, je n’avais pas un mot, juste un souffle, et nos regards ravis.

Puisque l’exercice était d’enregistrer une conversation, la caméra était restée allumée durant toute votre histoire, et nous nous sommes aperçus que vous aviez parlé 12 minutes ! Vous qui reteniez tellement vos mots, un an auparavant, lorsque j’avais l’impression de devoir vous arracher un peu d’enthousiasme. Là, nous y étions, 12 minutes de récit avec la douceur de votre voix, vos yeux qui brillaient dans mes yeux et cette histoire merveilleuse.

Alors avez-vous bégayé durant ce récit ? Aucun souvenir ! Mais qui s’en soucie ? Pas nous en tous cas.     

 

Patricia Oksenberg, Orthophoniste, Paris


 

 

Extrait de l'interprétation réalisée lors de la Journée Mondiale du Bégaiement 2016.

 Merci Bertrand pour ce super moment...


 

Témoignage

Bonjour,

Je suis un garçon de 13 ans.

Je suis en 1ère différenciée.  Je bégaie depuis longtemps.

Ca me met en colère de bégayer mais aussi que les gens rigolent de moi.

Heureusement, mes copains de classe sont gentils et sympas. Ils me défendent si quelqu'un se moque de moi.

Quand ça arrive dans l'école, j'en parle à un éducateur et il met des pénalités (-5, -10) dans le journal de classe de celui qui s'est moqué.

Heureusement, j'arrive quand même souvent à dire ce que je veux.

Parfois, c'est trop difficile, alors je me tais..... mais ça m'énerve!

Ce qui m'énerve le plus, c'est ce fichu premier mot qui bloque chaque fois que je veux parler. J'aimerais être capable de parler vite et raconter tout ce que je veux.

La logopédie m'a appris à parler doucement et à débloquer un peu les mots.

Parfois j'y arrive, mais pas toujours ; c'est difficile quand je suis énervé.

Je suis quand même content d'avoir fait des progrès.

J'ai bien aimé vous raconter ça.

Bonne journée.

Merin


Témoignage

Bonjour,

J'ai 8 ans et depuis la troisième maternelle je bégayais très fort.  Ca me faisait peur parce que les autres parlaient mieux que moi.

J'ai appris chez la logopède qu'il ne faut pas s'inquiéter et j'ai appris qu'il faut parler "tout doux et tout mou".  Quand je parle comme ça, ça va très bien et je bégaie moins.  Si je ne le fais pas, ça ne marche pas.

Avant je n'osais pas dire ce que je voulais mais maintenant j'ose.  Je n'osais pas parler devant les gens et maintenant j'ose et ça bégaie beaucoup moins.

Quand je suis énervée à cause de mon frère, quand je crie, je ralentis....

Il ne faut pas avoir peur du bégaiement et je vous le dis : "Vous devez vraiment faire tout mou et tout doux et ralentir.  Ensuite, vous allez beaucoup moins bégayer."

Aya

 


 

Bonjour,

Je suis Aya.  J'ai 9 ans et je bégaie.

A la fin de ma 3ème, quand je vous ai écrit, ça allait super bien....mais pendant l'été, au Maroc, avec mes cousins, je n'ai pas du tout fait attention à ma parole et le bégaiement est revenu.

A la rentrée, je bégayais plus qu'au mois de juin.  Monsieur Jonathan l'a remarqué, et ma logopède aussi.  J'ai refait des progrès et ça va mieux mais parfois, je ne fais pas attention et ça rebégaie.

Un jour, la semaine dernière, je me suis disputée avec un ami.  J'ai voulu en parler à Monsieur mais je suis restée bloquée.  Je n'arrivais pas à parler.  J'ai fait une pause et j'ai recommencé plusieurs fois mais ça n'allait pas du tout.  Je n'arrivais à rien dire.  Je me suis mise à pleurer.  Je me sentais triste et gênée.  Monsieur a fait sortir les deux enfants qui étaient près de nous et il m'a consolée mais je suis triste de bégayer encore si fort.

Après l'école, je suis allée chez la logopède.  Elle m'a rassurée et m'a dit que ça peut arriver.  Elle m'a rappelé de parler avec les mots doux et de prolonger les sons en parlant comme un escargot...et puis aussi de faire des pauses dans la phrase.

On doit s'entraîner beaucoup pour les mots doux : ma logopède dit qu'il faut faire le "MOUDOU" dans la bouche.  Elle m'a dit que s'il arrive encore que je bloque si fort, je peux faire un signe à Monsieur pour lui dire que j'expliquerai plus tard....mais que SURTOUT, je ne dois pas renoncer à dire ce que je veux.

Je veux partager ça avec les enfants qui bégaient.  Voilà :-).  Bonne chance!

Aya

 


 

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